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Dernières nouvelles du Chili
Depuis avril 2011, un important mouvement social secoue les universités et les consciences chiliennes.
Au Chili, seul un universitaire sur dix provient d’un milieu pauvre. Et celui-ci n’y termine que rarement ses études : vingt pour cent des « première année » abandonnent leur cursus, étranglés par les charges.
Toutes les universités sont privées, et les frais d’écolage sont élevés, beaucoup de familles, même de la classe moyenne, doivent s’endetter lourdement pour payer la formation de leurs enfants.
Soixante pour cent des écoliers et de lycéens fréquentent un établissement privé.
Pour Sebastian Pinera, le président néolibéral chilien, l’éducation est et doit demeurer « un bien de consommation », en réalité une belle poule aux œufs d’or...le marché des prêts pour l’éducation s’élevant à 2 milliards de francs !
80 % de la population chilienne soutient la révolte étudiante. Et une critique beaucoup plus globale du système public chilien se met en place, contre la classe politique, avec la jointure en août avec le monde du travail. Il y a eu une grève générale de deux jours les 24 et 25 août derniers. Une des façons de manifester, ce sont les concerts de casseroles qui retentissent chaque jour dans différents quartiers de la capitale et en province.
La concertation de centre-gauche déclare qu’il faut en finir avec l’héritage de Pinochet et son modèle économique ultra-libéral. Ils réclament une redistribution plus juste des fruits de la croissance, une refonte des régimes de retraites, une réforme fiscale, un nouveau code du travail, et un financement renouvelé pour le secteur de la santé.
Les inégalités sociales et économiques sont scandaleuses : 20% des Chiliens détiennent 54% de la richesse, malgré une économie performante et un taux de croissance de 8,4%, le plus élevé depuis 1995.
Sources :
Benito Perez, le Courrier, 29. 8. 11
Christine Legrand, Le Monde 27. 8. 11