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Projets de développement :

Formation élémentaire et professionnelle, réinsertion de jeunes défavorisés,
extension d’un programme existant
Puente Alto – Santiago du Chili

1. Le projet en quelques mots

Depuis trente ans, la fondation Funcase oeuvre avec succès au sein de bidonvilles chiliens à la mise sur pied d’un programme de développement s’adressant aux exclus du système socio-économique, enfants, jeunes, adultes et personnes âgées, qui risquent de sombrer dans la marge. Il comprend une série d’activités liées au développement de la personne et des groupes (éducation, formation, hygiène, etc.) susceptibles d’amener l’individu à s’intégrer dans la société. Le projet s’insère au sein de cette démarche Il vient compléter un de ses volet, celui de la formation professionnelle, dont une première partie (deux formations) a déjà été réalisée grâce au financement du projet FGC 01-39. Celui-ci continue aujourd’hui d’être actif grâce au subventionnement du gouvernement. Il s’agit maintenant de poursuivre l’effort en mettant sur pied deux nouvelles formations, celles de cuisinière(er) pour des collectivités et monteuse(eur) électricien, ce qui permettra d’améliorer l’offre, et d’augmenter la capacité d’accueil du complexe scolaire de 225 à 450 élèves. En outre cela permettra d’améliorer l’équilibre financier précaire actuel, en parvenant à une école plus adéquate.

Le coût de ce projet est devisé à : CHF 840'000..- Une partie de celui-ci, CHF 360'000.-, sera couvert par une subvention du gouvernement chilien. L’autre, soit CHF 480'000.- répartir sur deux ans, fait l’objet d’une requête de financement à la FGC. Par la suite le projet sera subventionné par l’Etat chilien comme il l’a fait auparavant pour les autres projets.

2. Cadre géographique et social

Le lieu de l’action est situé dans une cité de la couronne de Santiago, Puente Alto., située à 26 km de son centre. Depuis 30 ans, bon nombre des habitants des bidonvilles situés en bordure des quartiers résidentiels du Grand Santiago a été déplacé vers cette cité. Cet exode a provoqué une croissance démographique énorme. La ville, qui en 1980 avait 100’000 habitants, en compte actuellement environ 650’000. Sur une surface de 86,75 km2, dans d'énormes bidonvilles, sont concentrés près d'un demimillion de personnes. Le taux de chômage dans ce milieu est de l'ordre de 20%. La délinquance juvénile a envahi le commerce local, et la commune est en train de devenir une ville "hors-la-loi", faute de moyens financiers à disposition. Il manque de la place dans les écoles publiques, il manque des services sociaux pour encadrer la jeunesse, il manque des policiers pour sécuriser la cité, il manque des infrastructures sanitaires et hospitalières, etc. Selon la municipalité, il y aurait environ 50'000 enfants pauvres, à haut risque social. Dans le domaine de l’éducation, la situation est tout aussi préoccupante : la mairie reconnaît un déficit de 25.000 immatriculations pour les niveaux basiques et medio (soit en gros 25% de la demande). La couverture pré basique est déficitaire à 88% et on estime à 16.000 le nombre d’enfants et adolescents qui abandonnent aujourd’hui le système éducatif chaque année.

3. Raisons qui militent en faveur d’un tel projet

Le projet est situé dans un pays dont on dit aujourd’hui qu’il se porte économiquement plutôt bien. Pourquoi, dès lors, soutenir un projet d’éducation et de formation dans un tel pays ? S’il est vrai que depuis le retour à la démocratie, l’essor économique chilien est indéniable, il n’en demeure pas moins vrai aussi que 18% de sa population vit encore en dessous du seuil de pauvreté. Le Chili reste, en dépit de sa croissance, un des pays les plus inégalitaires du monde en termes de distribution des revenus, et cela risque encore de durer, si l’héritage du système socio-éducatif de Pinochet persiste, ce qui est le cas présentement (voir la grève de los « Pinguinos » de 2006). Il privilégie les nantis au détriment des plus pauvres. En effet, l’éducation privée payante est subventionnée par l’État, ce qui a eu pour effet de l’améliorer et de la développer, alors que la publique, gratuite, a été remise aux mains des Mairies, ce qui a eu pour conséquence de la dégrader au sein des communes les plus pauvres par manque de moyens financiers. Or pour l’instant, il semble bien que le gouvernement n’a pas la volonté ou les moyens de modifier cette stratégie.

Les programmes éducatifs développés par Funcase, dont fait partie le présent projet, s’adressent précisément à la part de population qui fait les frais de cette situation. Leur particularité vis-à-vis des programmes étatiques c’est d’être organisé en un réseau allant de la garderie d’enfants, à la formation professionnelle, en passant par un encadrement parascolaire (programmes nutritionnels, éducatifs, etc.). En outre, malgré le fait qu’il s’agisse d’une institution privée, la gratuité est rendue possible, grâce :

   
   1.   A la forme juridique (il s’agit d’une fondation à but non lucratif).
   2. Au subventionnement de l’Etat pour les frais de fonctionnement courants.
   3. A l’engagement personnel de chacun des acteurs qui ne comptent pas leurs heures, et beaucoup de bénévolat (comité de fondation, prestations occasionnelles, actifs retraités, etc).
   4. A la mise à disposition de terrains par des Eglises.
   5. A l’engagement de fonds étrangers pour couvrir certains développements de l’institution pas couverts par un subventionnement du gouvernement, lorsqu’ils débutent.

Funcase est reconnue par l’Etat comme institution privée à but social et éducatif non lucratif. Notons encore son caractère expérimental. En effet. il n’existe pas, à notre connaissance, d’autres institutions chiliennes regroupant un pareil ensemble de programmes sociaux et éducatifs. Cette expérience est supervisée sur place par le professeur Oscar Corvalán, membre du comité, ancien diplomé de L’IUED, docteur en sociologie et ancien collaborateur du BIT.

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